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Orthodontie France 2

18 décembre 2013

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Qu’est-ce que l’orthodontie ?

L’orthodontie, dont l’appellation officielle est Orthopédie dento-faciale, est l’art, non seulement de redresser les dents mal positionnées, mais aussi de prendre en compte l’ensemble du visage et d’en améliorer son harmonie, pour le reste de la vie.

 

Plusieurs problèmes sont traités grâce à l’orthodontie :

  • les dysfonctionnements du parodonte, c’est-à-dire l’ensemble des tissus et ligaments qui soutiennent la dent ;
  • les défauts d’occlusion, pour établir l’emboîtement harmonieux des mâchoires de manière à garantir un alignement optimal des dents ;
  • les défauts constatés sur l’alignement des dents ou les anomalies de la forme des mâchoires qui peuvent causer divers problèmes (mastication, respiration, phonation, etc.)

 

Le traitement dure entre 1 et 3 ans en moyenne. Il consiste à agir sur les différents éléments qui composent la partie inférieure de la face, ou à effectuer des pressions ou des tractions légères sur les dents mal positionnées pour leur rendre un alignement correct. Il varie en fonction du type d’appareillage choisi, de l’anomalie à traiter et de l’âge du patient.

 

Initialement, l’Orthopédie Dento-Faciale (ODF) s’adressait essentiellement aux enfants mais elle concerne aujourd’hui aussi bien les enfants que les adultes. Un traitement peut donc être initié à tout âge car l’os est un tissu vivant qui peut être remodelé toute la vie. Toutefois, chez l’adulte, la croissance osseuse étant achevée, l’orthodontiste ne pourra agir que sur la position des dents entre elles.

 

Pour qu’un traitement orthodontique soit le plus efficace et le plus court possible, il est important d’intervenir au bon moment. Bien que l’on puisse traiter à tout âge, il existe toutefois des périodes plus propices :

  • De 4 à 8 ans : les traitements de prévention, pour éviter l’apparition de malocclusions ;
  • Entre 8 et 11 ans : les traitements d’interception en denture mixte, ce sont des traitements en deux temps ;
  • Entre 11 et 17 ans : les traitements en denture permanente ;
  • La période de « contention » pour consolider les résultats acquis.

 

Les traitements réalisés chez les adultes, compte-tenu du fait que la croissance est terminée, nécessitent souvent plus de temps et des interventions plus lourdes, comme des interventions en chirurgie orthognatique, dont le but est de redresser les mâchoires. A partir de 50 ans, apparaissent des phénomènes de vieillissement, l’os et les gencives sont plus fragiles, les forces musculaires et le visage changent. Les dents peuvent se déplacer ou le parodonte s’abîmer, et peuvent parfois se déchausser. Les seniors se sentent de plus en plus concernés par cette discipline car les techniques sont plus douces et plus discrètes qu’auparavant.

 

 

Quel est l’intérêt de l’orthodontie ?

 

Le traitement orthodontique est d’abord un traitement médical. L’amélioration de l’esthétique qui peut en résulter n’en est qu’une conséquence.

 

En effet, l’orthodontie permet de remédier à certaines malformations et à certains troubles potentiellement handicapants. Une anomalie orthodontique peut créer une situation ultérieure défavorable qui peut compromettre à long terme la stabilité et le maintien des dents sur l’arcade dentaire[1].

 

Toutes les anomalies qui provoquent un handicap (psychique, esthétique ou fonctionnel) ou qui constituent un risque potentiel de survenue de ce handicap doivent êtres traitées. Ces anomalies sont en effet susceptibles de porter atteinte au développement harmonieux de la face ou des arcades dentaires, d’exposer les dents aux traumatismes, et de favoriser certaines lésions. Le but des corrections effectuées par le praticien est également de mettre les dents dans une position où le vieillissement va se passer correctement.

 

L’orthodontie, par le soin qu’elle apporte à l’alignement des dents et à l’occlusion, permet d’éviter de nombreuses complications. Le bon alignement des dents permet en effet d’améliorer l’hygiène dentaire et de prévenir les caries. De même, la diminution des malocclusions permet de réduire ce qu’on appelle les dysfonctionnements cranio-mandibulaires, c’est-à-dire un ensemble de troubles potentiellement handicapants qui affectent les muscles et les articulations du visage. Les malocclusions sont également responsables de dommages tissulaires et peuvent troubler la respiration, l’alimentation, l’élocution. Enfin, les dommages esthétiques découlant d’un mauvais alignement dentaire ou d’une malocclusion peuvent entraîner de lourdes conséquences psychosociales1.

 

Ces dernières années, les liens entre les maladies orales et la qualité de vie ont été explorés. Il est apparu que la santé orale contribuait d’une manière importante au bien-être de l’individu, tant sur le plan biologique que psychosocial[2]. En effet, de nombreuses publications se sont intéressées à l’impact des malocclusions et des besoins de traitement orthodontique sur la qualité de vie. Bien qu’ils ne permettent pas de relier l’ampleur d’une anomalie orthodontique à un état de bien-être mental ou social, les résultats suggèrent que les anomalies orthodontiques ont bien un impact sur la qualité de vie.

 

L’orthodontie est d’autant plus importante que selon l’OMS, environ 50 % des enfants nécessiteraient un traitement. En France, ce sont ainsi 600 000 enfants et adolescents qui sont soignés en orthodontie, soit un enfant scolarisé sur dix.

 

De plus, l’orthodontie est une discipline qui a su approfondir ses connaissances sur la physiologie humaine et réaliser des progrès rapides dans plusieurs domaines ces dernières années :

  • Les problèmes respiratoires sont de mieux en mieux traités par l’orthodontie, en lien avec les médecins ORL, pneumologues et allergologues : les hyperpnées ou le syndrome d’apnée obstructive du sommeil sont par exemple des troubles désormais pris en charge.
  • Les problèmes musculaires sont mieux pris en compte et permettent d’éviter des troubles de bruxisme (c’est-à-dire des grincements de dents) ou au niveau des articulations et des muscles du crâne.
  • Le moment du traitement a évolué en même temps que les connaissances physiologiques : s’il a été longtemps admis qu’il fallait attendre l’apparition des dents définitives et de la puberté pour traiter les enfants, on sait désormais que des traitements préventifs avant cette période permettent d’éviter certaines déformations et de prévenir des troubles ultérieurs.

[1] HAS, « Bilan de dysmorphose dento-maxillo-faciale », 2006.

[2] HAS, « Prise en charge par l’Assurance maladie des soins d’orthopédie dento-faciale en fonction de la gravité des pathologies », 2011.